CNEWA Canada

La famine et la faim sont la nouvelle « normalité »

Norma Rizk est une permanente de longue date à notre bureau de CNEWA-Mission pontificale à Beirut. Elle est travailleuse sociale de formation et gère notre programme de microcrédit.

Mère Teresa disait: « Si vous ne pouvez nourrir cent personnes, nourrissez-en une seule. » En d’autres termes, ce qui compte dans toute intervention sociale, n’est ni le nombre, ni la quantité mais   la volonté et l’action.

Le 16 Septembre 2020, je fus chargée de superviser la distribution des caisses de provision au centre des Syriaques Catholiques situe à Sad El Baouchrieh, une région surpeuplée de la banlieue de Beyrouth. 

Père Rony Salim, assisté par quatre jeunes hommes de la paroisse, se chargeait personnellement de la distribution des colis adressés essentiellement à 214 familles parmis les plus nécessiteuses, d’origine irakienne et refugiée au Liban.

Le curé connaissait bien les conditions de chaque famille par le biais d’un programme d’aides, a ces mêmes familles, octroyées mensuellement à l’initiative de la communauté des Syriaques Catholiques. Ce programme a vu le jour à Noel 2019, suite à la crise financière qui a secoué le pays et qui perdure jusqu’à présent. Ces aides couvrent les besoins médicaux et alimentaires des familles et sont parfois allouées sous forme d’argent liquide.

Lors de cette distribution, les bénéficiaires défilaient les uns après les autres, chacun muni d’un masque pour limiter les risques de propagation du COVID-19, signaient le document requis, certifiant l’obtention de l’aide et retiraient par la suite le colis.

Au cours de cette défilade, une jeune femme, habillée tout en noir vêtue fut sollicitée par Père Rony qui lui demanda des nouvelles de son mari. Un échange spontané  

Entre Khouloud (c’est son prénom) et moi m’a révélé sa situation peu enviable. Elle a dû fuir, en 2014, avec son mari ampute d’une jambe suite à un attentat à Bagdad et ses deux petites filles âgées respectivement de 8 et 9 ans. La famille a élu domicile dans une chambre de concierge, à Antelias, touchant une somme dérisoire de LL400,000/ mois (équivalent à 60$) en échange de quelques travaux ménagers accomplis.

Lors de sa visite précédente a la paroisse, Khouloud était mal habillée, ses vêtements, aux dires de Père Rony étaient rapièces et uses n’ayant pas les moyens de s’acheter des vêtements noirs pour porter le deuil de son père, mort depuis peu de temps. Révolté par tant de misère, Père Rony lui a accordé une somme suffisante pour combler ce besoin vestimentaire rudimentaire profitant de l’occasion pour en faire profiter ses filles aussi.

Père Rony m’a expliqué que les aides mensuelles octroyées par la communauté étaient un moyen de sensibilisation aux problèmes divers des familles et par conséquence une voie d’y trouver une issue convenable.

Le don de soi est ce qu’on peut offrir de plus grand et Père Rony en est l’exemple personnifie.

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